{"id":3718,"date":"2025-11-10T20:34:07","date_gmt":"2025-11-10T19:34:07","guid":{"rendered":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/?page_id=3718"},"modified":"2025-11-10T20:46:59","modified_gmt":"2025-11-10T19:46:59","slug":"florian-gaite","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/florian-gaite\/","title":{"rendered":"Florian Gait\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>____________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>D&rsquo;une plasticit\u00e9 nue, un corps qui d\u00e9sarme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Les \u0153uvres de V\u00e9ronique Lamare mettent en jeu la physicalit\u00e9 brute&nbsp; du corps et la qualit\u00e9 concr\u00e8te de l&rsquo;espace qu&rsquo;elle articule l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre dans des actions radicales, s\u00e8ches et r\u00e9p\u00e9titives. Cette esth\u00e9tique du peu et de l&rsquo;\u00e9l\u00e9mentaire est mise au service d&rsquo;un art r\u00e9solument non-spectaculaire, humble et discret.<br>\u00c9prouver la mat\u00e9rialit\u00e9 du corps, des objets ou d&rsquo;un territoire, ouvrir la sc\u00e8ne de leur seule pr\u00e9sence sont autant de strat\u00e9gies d&rsquo;autonomisation par lesquelles V\u00e9ronique Lamare offre un contrepoint au corps instrumental et sursignifi\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. Plac\u00e9e entre les registres performatif, visuel et plastique, son \u0153uvre d\u00e9joue les cat\u00e9gories comme les attentes du public par l&rsquo;exhibition d&rsquo;une plasticit\u00e9 nue, proprement d\u00e9sarmante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Ses <em>D\u00e9penses<\/em> consistent \u00e0 \u00e9crire des protocoles d&rsquo;activation pour mouvements, gestes et d\u00e9placements, resserr\u00e9s dans un espace-temps circonscrit. Elle ex\u00e9cute des actions simples (sauter \u00e0 la corde, cirer un parquet ou simuler un match de boxe), dont elle fait varier l&rsquo;intensit\u00e9, la v\u00e9locit\u00e9 ou les directions, qui rel\u00e8vent aussi de l&rsquo;exp\u00e9rimentation chor\u00e9graphique. La notion de performance sportive y est tout autant convoqu\u00e9e que d\u00e9samorc\u00e9e. Allant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement des ressources organiques, la perte d&rsquo;\u00e9nergie produit des formes gratuites qui n&rsquo;ont d&rsquo;autre enjeu que d&rsquo;organiser l&rsquo;\u00e9conomie de son effort. Les <em>D\u00e9penses<\/em> permettent&nbsp; alors de r\u00e9v\u00e9ler en creux, ce qui fait le propre du corps, la tension radicale entre sa fragilit\u00e9 constitutive et son extraordinaire capacit\u00e9 de r\u00e9sistance. Sans souscrire \u00e0 la r\u00e9ification marchande, il s&rsquo;agit pour elle de l&rsquo;objectiver, de le mouvoir, de le manipuler, de le mesurer, de le presser, de le tordre, de le contraindre ou de l&rsquo;\u00e9quilibrer pour en travailler la plasticit\u00e9 primaire, et ainsi l&rsquo;agir autrement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">La t\u00eate occupe dans ce corpus une place particuli\u00e8re. Elle figure la pens\u00e9e dans ce qu&rsquo;elle a de plus sensible et affect\u00e9, comme un objet physique. Contre l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00e2me \u00e9th\u00e9r\u00e9e, la plasticienne p\u00e8se sa t\u00eate, la moule et en dessine les vo\u00fbtes, donnant une image \u00e0 cet \u00eatre-cr\u00e2ne ordinairement invisible \u00e0 lui-m\u00eame. De la m\u00eame fa\u00e7on, dans ses autoportraits, elle ne d\u00e9termine pas son identit\u00e9 par son visage, y pr\u00e9f\u00e9rant une figuration suggestive et elliptique. Avec ses vid\u00e9os \u00e0 la cam\u00e9ra thermique, elle pousse ce principe jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9duire l&rsquo;enveloppe \u00e0 ses \u00e9nergies internes, aux rayonnements et aux fluides dont elle ne retient que l&#8217;empreinte. De ce corps en partie cach\u00e9, V\u00e9ronique Lamare tire des images qui lui conf\u00e8rent un cadre, sinon une sc\u00e8ne et une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Qu&rsquo;elle en \u00e9tablisse une topographie objective ou qu&rsquo;elle l&rsquo;arpente pour mieux s&rsquo;y perdre, l&rsquo;espace d\u00e9limite chez elle un terrain de jeu et d&rsquo;action po\u00e9tique. Le lien performatif au lieu, naturel ou urbain, vise \u00e0 \u00ab\u00a0sculpter la distance\u00a0\u00bb pour mettre au jour les infinies relations au corps qui le constituent. D&rsquo;abord abord\u00e9 m\u00e9caniquement, celui-ci se pr\u00eate de plus en plus \u00e0 une rencontre sensuelle avec l&rsquo;architecture ou l&rsquo;environnement. Les <em>\u00c9l\u00e9ments pr\u00e9lev\u00e9s<\/em> qu&rsquo;elle y trouve constituent un dernier ensemble de travaux, celui qui affiche aussi le plus de proximit\u00e9 avec le champ de la sculpture. Mobiliers urbains, failles dans le bitume ou objets trouv\u00e9s aux formes incongrues, V\u00e9ronique Lamare convertit leur mat\u00e9rialit\u00e9, passant par exemple du b\u00e9ton \u00e0 la cire, pour en d\u00e9construire leur valeur d&rsquo;usage. Collecteuse des traces perdues ou imperceptibles, elle invente d&rsquo;autres fa\u00e7ons de les pratiquer et r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la vue leurs potentiels cach\u00e9s, attentive \u00e0 ce qui, en chaque forme, peut transformer le regard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><a href=\"http:\/\/www.floriangaite.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Florian Gait\u00e9<\/a><\/strong><br>2022<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>____________________ D&rsquo;une plasticit\u00e9 nue, un corps qui d\u00e9sarme. Les \u0153uvres de V\u00e9ronique Lamare mettent en jeu la physicalit\u00e9 brute&nbsp; du corps et la qualit\u00e9 concr\u00e8te de l&rsquo;espace qu&rsquo;elle articule l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre dans des actions radicales, s\u00e8ches et r\u00e9p\u00e9titives. 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