{"id":3723,"date":"2025-11-10T20:38:58","date_gmt":"2025-11-10T19:38:58","guid":{"rendered":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/?page_id=3723"},"modified":"2025-11-11T22:08:41","modified_gmt":"2025-11-11T21:08:41","slug":"elise-girardot","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/elise-girardot\/","title":{"rendered":"\u00c9lise Girardot"},"content":{"rendered":"\n<p>____________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Tout est en ordre, alors elle peut partir.*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Encercl\u00e9e par une barre d&rsquo;immeubles, elle frappe dans le vide et se fait encourager par un lointain groupe. La boxeuse, concentr\u00e9e sur sa \u00ab\u00a0d\u00e9pense\u00a0\u00bb est juch\u00e9e sur un ring imaginaire. Elle l\u00e8ve \u00e0 peine le regard pour identifier les crieurs. \u00c0&nbsp;l&rsquo;image, une mise en route cardio-pulmonaire, une mobilisation articulo-musculaire, l&rsquo;absurdit\u00e9 d&rsquo;un combat contre un \u00eatre invisible. Plus loin, une trace. Le poids d&rsquo;une t\u00eate venue frapper un bloc d&rsquo;argile, inlassablement. Puis des formes ind\u00e9termin\u00e9es, sortes de flotteurs encastr\u00e9s dans une pesante matrice.<br>V\u00e9ronique Lamare \u00e9prouve la dur\u00e9e. L&rsquo;action du corps humain sculpte la mati\u00e8re par des gestes accessibles, simples et m\u00e9caniques. Tel le sculpteur qui taille et incise, elle choisit de travailler au corps le vide comme mat\u00e9riau brut. Elle utilise la cire ou son propre corps et s&rsquo;approprie aussi la densit\u00e9 que constitue l&rsquo;espace environnant, l&rsquo;air, le vide intersid\u00e9ral. La s\u00e9rie des \u00ab\u00a0\u00c9l\u00e9ments pr\u00e9lev\u00e9s\u00a0\u00bb et celle des \u00ab\u00a0D\u00e9penses\u00a0\u00bb constituent les deux socles de sa sculpture mentale. Pour l&rsquo;exposition <em>Sculpter la distance<\/em>, qui marque l&rsquo;ouverture du Cycle 1 de LEVD, V\u00e9ronique Lamare propose un ensemble mouvant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui forment un \u00e9co-syst\u00e8me pouvant \u00eatre r\u00e9activ\u00e9 en permanence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Lors de ses rep\u00e9rages pour les \u00ab\u00a0d\u00e9penses\u00a0\u00bb \u00e0 venir, l&rsquo;artiste rencontre et pr\u00e9l\u00e8ve des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;espace public, comme on extrait la roche. Elle ne se laisse pas bercer par la r\u00eaverie du promeneur solitaire mais entame une marche tonique et met son corps \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve, jusqu&rsquo;\u00e0 traverser une ville en tirant derri\u00e8re elle une charge de trente kilogrammes. Une accumulation d&rsquo;exp\u00e9riences corporelles qui demandent un effort, une confrontation et qui r\u00e9v\u00e8lent le caract\u00e8re performatif de la d\u00e9marche. Oisifs et observateurs, entretenant un rapport intense avec le collectif, les fl\u00e2neurs du romantisme \u00e9pousaient la foule. Ici : \u00e9conomie des mati\u00e8res, des formes, des sujets, du langage. Actions discr\u00e8tes, silencieuses et solitaires. Chez Beckett, les corps morcel\u00e9s des protagonistes errent. Ils ne sont pas \u00e9gar\u00e9s : leur errance est existentielle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">L&rsquo;architecture urbaine d\u00e9finit le cadre des actions de l&rsquo;artiste et de la captation vid\u00e9o. Ce cadre architectural impose un positionnement du corps et le corps impose le cadre vid\u00e9o, en vase communiquants. La ville constitue le terrain d&rsquo;investigation privil\u00e9gi\u00e9 de V\u00e9ronique Lamare et devient l&rsquo;atelier, un atelier o\u00f9 chaque recoin rec\u00e8le d&rsquo;indices, de traces \u00e0 histoires potentielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">D&rsquo;o\u00f9 vient ce micro-polaro\u00efd, montrant un paysage d\u00e9lav\u00e9, ce banal panorama de village de campagne du sud de la France, d&rsquo;Espagne ou du Portugal ? Qui est l&rsquo;auteur de cette photographie ? Pourquoi avoir abandonn\u00e9 \u00e0 la rue un livre de linguistique allemande, dont les pages jaunies \u00e9voquent un romantisme aux antipodes du contenu m\u00e9canique d\u00e9livr\u00e9 dans ce manuel ? Une phrase ressort de la page ouverte : \u00a0\u00bb &#8211; Tout est en ordre. &#8211; Alors, je peux partir.\u00a0\u00bb , comme une injonction \u00e0 l&rsquo;attention de l&rsquo;artiste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">D\u00e9-placement. Le d\u00e9placement de V\u00e9ronique Lamare, sa position, son cadrage, son point de vue primordial, c&rsquo;est son corps. Le corps en activit\u00e9 sans finalit\u00e9 pr\u00e9cise, le corps qui d\u00e9pense de l&rsquo;\u00e9nergie physique, le corps confront\u00e9 \u00e0 des r\u00e9sistances. L&rsquo;engagement physique, l&rsquo;\u00e9chauffement, la concentration, la fatigue, la r\u00e9sistance : autant d&rsquo;\u00e9tapes qui investissent &nbsp;le corps dans son enti\u00e8ret\u00e9. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;activer, pour partir quelque part, vers un ailleurs aussi physique que psychologique.<br>Cette lutte restaure un rapport po\u00e9tique \u00e0 la ville. Les \u00ab\u00a0d\u00e9penses\u00a0\u00bb proposent de regarder autrement les alentours. Elles sculptent la distance. Une distance physique et une distance mentale : une distance du regard \u00e0 entreprendre. \u00catre artiste, est-ce regarder diff\u00e9remment les choses ? Pour bien frapper, le boxeur doit \u00eatre \u00e0 bonne distance. Pour saisir, l&rsquo;artiste doit-il positionner son regard \u00e0 une distance juste ? \u00catre ici et maintenant, mais avec une forme de recul qui permet de capter un instant donn\u00e9, une \u00e9tincelle, une r\u00e9flexion : \u00ab\u00a0Si je suis trop pr\u00e8s ou trop loin, \u00e7a ne marche pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.elisegirardot.com\/\" target=\"_blank\">\u00c9lise Girardot<\/a><\/strong> <br>2014<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:11px\"><strong>*<\/strong> Texte d&rsquo;\u00c9lise Girardot pour l&rsquo;exposition <em>Sculpter la distance<\/em><br>\u00e0 l&rsquo;initiative de LEVD \u00e0&nbsp;Lyon du 17 au 24 avril 2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>____________________ Tout est en ordre, alors elle peut partir.* Encercl\u00e9e par une barre d&rsquo;immeubles, elle frappe dans le vide et se fait encourager par un lointain groupe. La boxeuse, concentr\u00e9e sur sa \u00ab\u00a0d\u00e9pense\u00a0\u00bb est juch\u00e9e sur un ring imaginaire. Elle l\u00e8ve \u00e0 peine le regard pour identifier les crieurs. \u00c0&nbsp;l&rsquo;image, une mise en route cardio-pulmonaire, &hellip; <a href=\"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/elise-girardot\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">\u00c9lise Girardot<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3723"}],"collection":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3723"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3723\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3779,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3723\/revisions\/3779"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3723"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}