{"id":3727,"date":"2025-11-10T20:43:18","date_gmt":"2025-11-10T19:43:18","guid":{"rendered":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/?page_id=3727"},"modified":"2025-11-11T22:09:07","modified_gmt":"2025-11-11T21:09:07","slug":"claire-paries","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/claire-paries\/","title":{"rendered":"Claire Paries"},"content":{"rendered":"\n<p>____________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Juste pr\u00e9lev\u00e9s de r\u00e9els<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">\u00ab\u00a0Pour vivre au quotidien il nous faut \u00eatre assur\u00e9s dans nos relations aux espaces que nous traversons, architectures qui nous abritent, objets qui nous accompagnent.&nbsp; Humains nous les organisons, les construisons, les inventons pour faciliter nos d\u00e9placements, gestes, jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus les percevoir vraiment que dans une trouble conscience d&rsquo;\u00e9conomie, d&rsquo;obligations, d&rsquo;habitudes. C&rsquo;est dans les relations \u00e0 ces diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments, que V\u00e9ronique Lamare a opt\u00e9 pour un pas de c\u00f4t\u00e9. Elle a engag\u00e9 un travail d&rsquo;interrogations modestes sur et avec son propre corps source d&rsquo;exp\u00e9rience propre, la seule \u00e0 laquelle on puisse avoir acc\u00e9s vraiment, m\u00eame confus\u00e9ment. Pour cela il aura fallu se reconnaitre d&rsquo;abord comme on pourrait dire na\u00eetre \u00e0 soi, identifier ce corps particulier, individuel qui fonde tout rapport au monde, le fait exister avec les autres et le diff\u00e9rencie.<br>V\u00e9ronique Lamare est un corps urbain, qui dans ses d\u00e9ambulations affectionne les lisi\u00e8res des villes, les architectures en construction, les ruines d&rsquo;\u00e9difices contemporains d\u00e9chus, l&rsquo;espace intime d&rsquo;un appartement, les objets oubli\u00e9s des chantiers, la surprise d&rsquo;un livre abim\u00e9 au sol ouvert \u00e0 la phrase : \u00ab\u00a0-Tout est en ordre. &#8211; Alors je peux partir.\u00a0\u00bb, la boxe.<br>Des choix on le voit particuliers qui signent l&rsquo;individu qui va se mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve en prenant le risque de d\u00e9payser, d\u00e9contenancer, voire d\u00e9raciner l&rsquo;ordinaire, et pour cela le penser, l&rsquo;agir, l&rsquo;enregistrer, en proposer un regard bord\u00e9, un cadrage, une empreinte, provoquant ainsi une relation questionnante.<br>Des \u00ab\u00a0boites\u00a0\u00bb de pl\u00e2tre blanc cylindriques, certaines couvertes, des \u00ab\u00a0couronnes\u00a0\u00bb de cire brun ocr\u00e9 jaune ou rouge\u00e2tre, en autant de formes diff\u00e9rentes, dont l&rsquo;une avoue en son sommet un d\u00e9chirement de la peau, cheminent en plusieurs postures au plus pr\u00e8s du sol. Il faudra se pencher vers ces objets intrigants dans leur simplicit\u00e9, se laisser aller aux analogies qui feront deviner dans quelque chose comme deux \u00ab\u00a0anses\u00a0\u00bb en sym\u00e9trie, deux oreilles en creux qui ouvrent alors sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00ab\u00a0boite cranienne\u00a0\u00bb. Car il s&rsquo;agit bien de matrices de l&#8217;empreinte du crane de V\u00e9ronique qui ont \u00e9t\u00e9 ainsi gard\u00e9es comme telles en leurs mat\u00e9riaux, ceux n\u00e9cessaires \u00e0 un moulage qui n&rsquo;aura pas lieu. Les objets comme autant de miroirs en creux de ce qui n&rsquo;est jamais accessible \u00e0 sa propre vue r\u00e9v\u00e8lent des cr\u00e2nes commes des r\u00e9cipients sommaires ou des vides que seule la forme d&rsquo;entour peut faire exister. Un cr\u00e2ne qui dans ses mutations successives se d\u00e9multiplie comme autant d&rsquo;individualit\u00e9s additionn\u00e9s toutes semblables et diff\u00e9rentes d\u00e9pos\u00e9es au plus pr\u00e9s de la terre comme en un ultime retournement de la vie.<br>C&rsquo;est ainsi par renversements successifs que V\u00e9ronique Lamare d\u00e9mant\u00e8le,&nbsp; d\u00e9construit les relations d&rsquo;usage aux objets.<br>Le s\u00e9parateur de voies blanc et rouge si l\u00e9ger qu&rsquo;il doit \u00eatre lest\u00e9 pour tenir au sol, se trouve si alourdi une fois moulage de cire qu&rsquo;il faudra un chariot pour pouvoir le d\u00e9placer alors m\u00eame que sa forme est re-produite au plus pr\u00e8s. De m\u00eame pour les plots de b\u00e9ton qui fixent au sol les clotures de chantier mobile. Le poids oblig\u00e9 se retourne ici en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 au point de devenir\u00a0\u00bbFlotteur\u00a0\u00bb. Ils connaissent aussi leur matrice, une boite de pl\u00e2tre blanc au plus pr\u00e8s d&rsquo;eux m\u00eames qui permet de les ranger pour les conserver eux qui ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9s, oubli\u00e9s au sol, parce qu&rsquo;utiles certes mais mis au rang de simple accessoire insignifiant.<br>Elle agit aussi avec ces objets en mutation leur accordant une nouvelle r\u00e9versibilit\u00e9. Le moulage de cire du plot de chantier sorti de l&rsquo;espace public qui est sa seule justification, est port\u00e9 sur son chariot dans le lieu intime et restreint de l&rsquo;appartement. Le chariot permet le d\u00e9placement de l&rsquo;objet alourdi, obligatoirement immobile quand il est en usage. Et c&rsquo;est le corps allong\u00e9 de l&rsquo;artiste, comme si elle avait opt\u00e9 pour la posture m\u00eame de l&rsquo;objet, au sol, qui va pousser, faire glisser, rapprocher, \u00e9loigner en infimes d\u00e9placements contraints \u00e0 la fois par l&rsquo;espace et le poids.<br>L&rsquo;action enregistr\u00e9e par la vid\u00e9o (retenue aussi en montages photographiques) est cadr\u00e9e soigneusement au plus pr\u00e8s de l&rsquo;articulation des deux corps qui semblent du coup se mettre en mouvement mutuellement, agir l&rsquo;un par l&rsquo;autre. Corps humain qui dans cet entre-deux doit d\u00e9ployer une grande force mais dans une tension horizontale, rampante, contrainte \u00e0 une douceur alanguie par sa position m\u00eame au sol.<br>Les actions qui semblent reposer sur la conviction d&rsquo;une \u00e9galit\u00e9 des corps s&rsquo;inscrivent en des programmations qui peuvent s&rsquo;originer de la grande banalit\u00e9 du quotidien&nbsp; comme \u00ab\u00a0Soin au plancher\u00a0\u00bb po\u00e9tis\u00e9 en un second temps en \u00ab\u00a0A fleur du sol (d\u00e9pense de salon)\u00a0\u00bb . M\u00e9canisme courant chez l&rsquo;artiste qui d\u00e9veloppe en plusieurs temps une m\u00eame exp\u00e9rience, la remet \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de la connaissance acquise, du renversement li\u00e9 aux diff\u00e9rences d&rsquo;espaces.<br>Le corps de V\u00e9ronique Lamare entre danse et exercice sportif, d\u00e9ploie une partition simple mais qui englobe une successions des possibles du corps mis en situation. Son corps de femme s&rsquo;oublie en corps funambule d\u00e9pouill\u00e9 d&rsquo;identit\u00e9 v\u00e9ritable, se mue parfois en objet glissant d\u00e9plac\u00e9 par une force discr\u00e8te, presque invisible, reprend des gestuelles tr\u00e8s ordinaires pour des variations qui peuvent rencontrer un \u00e9cho ailleurs.<br>Elle nous laisse sur une ligne de cr\u00eate o\u00f9 l&rsquo;ordinaire glisse discr\u00e8tement vers un insaisisable, o\u00f9 les certitudes gagnent en instabilit\u00e9, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 vient \u00e0 s&rsquo;immiscer dans nos usages.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Claire Paries<\/strong><br>2016<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:11px\">Texte de Claire Paries pour l&rsquo;exposition <em>Juste pr\u00e9lev\u00e9s de r\u00e9els<\/em><br>\u00e0 l&rsquo;invitation de Siona Brotman \u00e0 la <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/ateliersprieure.eklablog.com\/expo-22-daudon-lamare-p1223008\" target=\"_blank\">Chapelle Saint-Loup<\/a> de Saint Loub\u00e8s<br>du 18 novembre au 1er d\u00e9cembre 2016<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>____________________ Juste pr\u00e9lev\u00e9s de r\u00e9els \u00ab\u00a0Pour vivre au quotidien il nous faut \u00eatre assur\u00e9s dans nos relations aux espaces que nous traversons, architectures qui nous abritent, objets qui nous accompagnent.&nbsp; Humains nous les organisons, les construisons, les inventons pour faciliter nos d\u00e9placements, gestes, jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus les percevoir vraiment que dans une trouble conscience d&rsquo;\u00e9conomie, &hellip; <a href=\"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/claire-paries\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Claire Paries<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3727"}],"collection":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3727"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3727\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3780,"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3727\/revisions\/3780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/veroniquelamare.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3727"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}