DEPLACER DES JARDINS

2016
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[projet en cours]

Déplacer des jardins [déplacement] 2019 – photo : Bruno Falibois

Les repérages urbains effectués au rythme et à l’échelle du corps en marche, constituent mon mode d’approche et d’apprivoisement d’une ville, d’un paysage. Progresser dans la matière urbaine suivant un cheminement autre que les voies déjà tracées, les circulations imposées qui nous donnent à voir un paysage choisi et maîtrisé. Inventer mes propres déplacements. Me laisser guider par le regard : le réseau des canaux à Birmingham et sa périphérie, les terrains laissés vacants les temps des ré-aménagements urbains à Bordeaux, révélant des paysages, des horizons, des points de vue éphémères. Ces espaces en mouvement au cœur et aux frontières de la ville, reconquis un temps par la nature, comme autant de poches de résistance, deviennent mes jardins. Des natures changeantes, des ilots mouvants, jardins imaginaires qui prennent corps par la réalisation de tapis en laine, évoquant l’image du tapis comme « jardin mobile à travers l’espace » développée par Michel Foucault. Convoquer cette part d’histoire symbolique des tapis et jardins mêlés. Pouvoir me déplacer en emportant mon jardin avec moi, vagabonde, et non pas ancrée à un territoire spécifique, enclos, inamovible. Des tapis comme des jardins, qui transportent en eux-même, s’agrippant à leurs fibres, un peu de la diversité du vivant, comme les semelles de chaussures transportant un peu de terre d’un terrain à l’autre. Participer de cette façon à cet essaimage du Tiers paysage (cf. Gilles Clément « Manifeste du tiers paysage ») et alimenter ces poches de résistance à l’échelle d’un corps en marche.

Déplacer des jardins [déplacement] 2019 – photo : Bruno Falibois